mardi 18 juillet 2017

Sur ma joue.



35 degrés dehors, étouffant à l'intérieur. Je roulais la fenêtre ouverte en me rendant chez cette patiente qui m'avait donné du fil à retordre la veille avec sa perf' et j'avoue que je m'y rendais sans trop d'envie.

Je longeais un champ de blé pas encore moissonné et l'air par la fenêtre venait frapper sur ma joue des mèches de cheveux détachés de ma queue de cheval. Et puis, une mèche semble-t-il un peu plus forte est venue toucher ma pommette. Par réflexe j'ai porté mes doigts à mon visage et j'ai senti quelque chose de fragile coincé dans mes cheveux. Sur mon index, il y avait des pigments colorés et nacrés comme du fard à paupière.

Un papillon avait terminé sa course sur ma joue avant de trouver refuge dans une mèche de mes cheveux.

Je l'ai surveillé du coin de l'œil dans le rétroviseur jusqu'à mon arrivée chez ma patiente avant de le décrocher délicatement et de le déposer au creux de ma main. Il n'a pas survécu et il est mort là, comme ça au contact de ma peau... .
Je l'ai déposé dans le parterre de fleur à l'entrée de la maison de ma patiente. Ce parterre devant lequel son mari s'agenouille pendant des heures parce que la maladie de sa femme rend l'intérieur de sa maison un peu plus pesant chaque jour.

Je me dis que si il tombe dessus ce soir en grattant ses fleurs il se dira que la Vie est belle et fragile... Ou peut être qu'il ne verra rien et qu'il le jettera un peu plus loin parce que rien n'importe plus que ce qui se joue entre les murs de sa propre maison...

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