lundi 14 août 2017

C'est l'infirmière, le livre !





Gros YOUPI et danse de la joie ! 💖

C'est avec une immense joie, qu'est ce que je dis : "une euphorie incontrôlable avec le coeur qui bat fort toussa toussa" que je vous annonce la sortie de mon livre "Bonjour, c'est l'infirmière !" ! 😁

Ralala, comment ça a été dur de ne rien vous dire alors que je planche dessus depuis la fin de l'année dernière ! Depuis qu'une éditrice de Flammarion m'a contacté pour me proposer de sortir un livre chez eux. Flammarion quoi !! 😁 (Gniiiii-débile dans la voix !)

Depuis hier, mon livre est en impression et il sera disponible dans vos librairies fin septembre ! (Re-Gniiiiii-fierté-flippée cette fois). Il me tarde de le sentir, tu sais l'odeur fabuleuse du livre neuf ! C'est con mais je crois que c'est uniquement à ce moment que je capterai que j'ai vraiment écrit un bouquin !

Et puis, je me dis que vous aussi vous allez le sentir, trouver qu'il sent bon peut-être. Que vous allez le lire sûrement aussi... Et j'ai peur. Parce que je sais peut être écrire des brèves, mais un livre, c'est autre chose...

Mais j'ai tellement hâte de le savoir entre vos mains ! 😁💜
.
Il y aura une dédicace-rencontre de prévue à Angers, ma ville (Anjou-Powa ! 💖) et peut-être que d'autres suivront, ça dépendra de vous et de vos demandes auprès de vos libraires !

Je vous embrasse et je vous remercie pour tout, parce que sans vous, ce livre n'existerait tout simplement pas ! ME R C I mes Chatons-Mignons !! 💜💚💙💛 (ça commence à faire beaucoup de cœurs...)

Je vous tiens au jus pour la suite (couverture, date de sortie, médiatisation, moi sur Paris face aux médias, toussa toussa !) Bisou 😙 et un dernier Gniiii-💙 pour la route !

mardi 1 août 2017

Quatre poires et des soucis.





- Tiens ! R’garde donc ce que j’ai bêché pour toi ce matin !


Une motte de soucis dans un sac à légume préparée pour la toute dernière fois que je venais la voir. J’étais ravie parce que je lorgnais sur le parterre de fleurs jaunes de ma vieille patiente depuis des semaines, depuis qu’elle m’avait appelé un dimanche pour me dire :


- Charline, tu pourrais passer me voir s’il te plait ? J’essaie de soigner ma jambe toute seule depuis des jours, mais je sens bien que ça ne va pas !


Une large plaie découpait son tibia tout maigre mais la vieille dame tenace n’avait pas voulu déranger le médecin pour si peu. Et puis le « si peu » s’était transformé en quelque chose de douloureux, rouge et infecté et nécessitait maintenant un passage chez le médecin et ma visite régulière à son domicile pour refaire ses pansements. Mes gants, mes pinces et mes mains pour m’occuper de cette toute petite vieille dame de 93 ans qui vivait seule au milieu de ses fleurs et qui s’en voulait presque de me déranger pour un accident qu’elle trouvait bien bête. 
La bêche c’était pourtant son truc à elle. Tous les matins après avoir bu son café, elle partait dans son jardin pour gratter ses parterres, biner son potager et puis l’autre jour, c’était sur son tibia qu’elle avait ripé : 


- Tu parles d’une histoire toi, se bêcher la jambe au lieu de bêcher la terre, qu’elle idée !

dimanche 30 juillet 2017

Les laisser, un peu.




- R'garde Maman, c'est trop drôle !!

Les DVD Pixar et les gosses ça marchent toujours, surtout en fin de journée quand tu veux être tranquille... 😊

J'ai loupé la vanne soit disant drôle du film que regardaient mes poussins parce que mes yeux étaient rivés sur mes boots que j'étais en train de lasser. Je devais retourner bosser, repartir soigner mes gens.
Certains aiment travailler le dimanche pour sa tranquillité, moi je préfère rester chez moi, tranquillement auprès des miens, auprès de mes poussins... Ce soir j'ai la flemme, j'ai pas envie de les quitter.


- La tournée est légère, je ne rentre pas tard mes biches. Je vous laisse, un peu. Pas longtemps...

dimanche 23 juillet 2017

L’infirmière qui valait 5 points.




- Ah, mais vous êtes partout ! Je vais en gagner des points cette semaine !

Elle avait bonne mine. La dame tout juste septuagénaire portait de jolis vêtements qui lui allaient bien, elle avait le teint plus clair et ce sourire discret bien plus présent que la toute première fois que je l’ai vu, il y a plusieurs mois. C’était semble-t-il l’amie d’une de mes patientes dont les pansements d’ulcères coulaient au point de nécessiter une réfection quotidienne. 

Celle qui avait bonne mine et qui comptait les points était une dame que je voyais tous les trimestres pour des prises de sang. Toujours chez elle, jamais à mon cabinet. Parce que chez elle ça sentait le café et le cocon rassurant d’une maison vide qui avait abrité la vie de toute une famille. Parce que venir au cabinet voulait dire affronter le dehors, le regard de ceux qui ne vous calculent pas et les sourires des voisins qu’elle ne connait plus.
Elle avait accompagné pendant de nombreuses années son mari dont la maladie chronique et dégénérative ressemblait à un carcan, une grosse carapace qui avait enfermé en dedans lui l’homme qu’elle ne reconnaissait plus vraiment. Un Alzheimer bien cogné qui avait creusé d’énormes trous dans le passé en laissant ma patiente vivre le présent aux côtés d’un homme qui n’avait plus d’identité.  Le couple avait fini par se couper du monde en ne partageant plus rien de la vie du dehors. Par peur des regards, par fatigue de devoir toujours tout réexpliquer à ceux qui ne comprendront jamais et par pudeur de ne pas étaler aux yeux de tous l’état de santé d’un homme qui ne la reconnaissait plus et qui se demandait qui était cette femme qui disait être la sienne.


- Ça fait dix ans, et pourtant c’est comme si c’était hier. J’ai l’impression que je vais crever dans cette maison. Elle m’étouffe mais j’ai peur d’en sortir. Je ne sais plus comment faire avec les autres… 

La dépression c’est terrible. C’est comme être au fond d'un puits aux parois toutes lisses. On se dit qu’on va finir par retrouver la surface mais il n’y a rien pour s’agripper et aider à remonter. Son puits à elle était très profond, mais genre vraiment profond, au point qu’une fois elle avait décidé de ne plus relever la tête en cherchant la lumière et avait préféré crever au fond de son trou, avec des cachetons dans une main et de l’alcool dans l’autre. Elle avait appelé son médecin et je m’étais retrouvé chez elle le lendemain avec ma mallette de soins, ma boite à prise de sang et mon échelle de corde sous le bras.

Tout en préparant mon matériel nous avons parlé de son mari, de ces dix années qui avaient suivi sa mort et qui l’avaient fait descendre aussi bas. Et puis j’ai serré le garrot et nous avons parlé de sa déco et de ce tableau magnifique et coloré au-dessus du canapé. J’ai alcoolisé le pli de son coude avec un coton et nous avons parlé de l’odeur de café et je lui ai demandé ce qu’elle allait manger pour l’accompagner. J’ai piqué et j’ai parlé du chat qui dormait sur la chaise tout près d’elle et qui préférait habituellement le jardin à l’obscurité de sa maison. Sentant qu’elle se renfermait j’ai commencé à enfiler les tubes dans le corps de pompe et je lui ai parlé de son jardin. De sa sauge en fleur, magnifique et rose dans l’entrée et du Lila des Indes devant sa porte et qui aurait besoin d’être taillé si elle voulait qu’il refleurisse :


- Cet arbre-là ? Je ne savais pas comment ça s’appelait ! Mon mari l’a planté quand nous avons acheté la maison…

La nostalgie l’a reprise. Pour tailler l’arbre, il fallait sortir… Pour sortir, il fallait qu’elle en ai l’envie… L’envie de sortir du fond de son puits aux parois toutes lisses.
Alors que j’étais en train de prélever mon dernier tube, j’ai décidé de sortir mon échelle de corde. Une échelle aussi longue que la distance qui la séparait de la surface et je lui ai dit « Je vaux 5 points ». Elle a relevé son visage vers moi en relevant les sourcils sans vraiment comprendre ce que je venais de dire :


- Disons que vous allez passer un contrat avec vous-même. Il n’y a rien à gagner à part l’immense satisfaction d’avoir réussi toute seule à remonter à la surface via l’échelle de corde que je viens tout juste de balancer jusqu’au fond de votre trou. 

samedi 22 juillet 2017

Quand je regarde ma fille jouer...



... Je me dis que c'est bien une fille d'infirmière ! 😊

En ce moment, j'ai un tout petit gamin que je vois plusieurs fois dans la semaine pour des pansements. A chaque fin de soin, je lui mets la pince kocher et la pince à disséquer en plastique du set de pansement dans un petite compresse. C'est son "Cadeau du courageux " pour le remercier pour sa patience pendant son pansement douloureux. Je crois qu'il va finir par avoir une sacrée collection de pinces d'ici la fin de sa série de soins !

En attendant, à la maison mes puces ont des pinces kocher et des seringues pour soigner ou torturer _ des fois on en est pas loin_  leurs jouets !

vendredi 21 juillet 2017

Oh punaise!



- Ah ! Je me demandais si c'était bien vous qui veniez de vous garer devant chez moi !

Mon patient-plus-trop-patient s'est approché doucement de moi, curieux de comprendre pourquoi je me tenais accroupi devant ses fleurs avec mon portable à la main.

Une punaise des céréales (de la famille des Pentatomes), voilà pourquoi j'avais mis du temps à sonner à sa porte ! Mais j'avoue, ce n'était pas complètement vrai : j'étais accroupie avec une enveloppe bleue de la CPAM pris à la va vite dans mon agenda et le ciseau de mon sac à main pour piquer à mon patients des graines de Scabieuse (La couleur pourpre que je n'ai pas dans mon jardin) qui avait grainées sur le bitume devant chez lui... Et puis je l'ai vu : ma jolie punaise des céréales !

J'étais tombée sur la même il y a quelques jours accrochée à l'écorce de mon châtaignier. Mais elle tournait tout autour, pas décidée à se laisser photographier (sûrement une juvénile, les plus vieilles sont un peu plus dociles). Je ne pouvais pas louper cette nouvelle occasion à deux pas de la porte de celui qui attendait son injection.

Pour l'histoire, mon patient m'a avoué détester ces insectes mais quand je lui ai montré la photo il a avoué qu'elle était vraiment toute belle cette punaise et qu'il avait bien fait de ne pas désherber son parterre... Et moi, j'ai le sentiment d'avoir doublement gagné ma journée !

➡ Du-Bonheur-Pour-Ton-Coeur : si tu aimes les photos de punaise, de fleurs, de couchers de soleil et de nature toussa toussa je t'invite à me rejoindre sur mon compte Instagram en cliquant : ici !

mardi 18 juillet 2017

Sur ma joue.



35 degrés dehors, étouffant à l'intérieur. Je roulais la fenêtre ouverte en me rendant chez cette patiente qui m'avait donné du fil à retordre la veille avec sa perf' et j'avoue que je m'y rendais sans trop d'envie.

Je longeais un champ de blé pas encore moissonné et l'air par la fenêtre venait frapper sur ma joue des mèches de cheveux détachés de ma queue de cheval. Et puis, une mèche semble-t-il un peu plus forte est venue toucher ma pommette. Par réflexe j'ai porté mes doigts à mon visage et j'ai senti quelque chose de fragile coincé dans mes cheveux. Sur mon index, il y avait des pigments colorés et nacrés comme du fard à paupière.

Un papillon avait terminé sa course sur ma joue avant de trouver refuge dans une mèche de mes cheveux.

Je l'ai surveillé du coin de l'œil dans le rétroviseur jusqu'à mon arrivée chez ma patiente avant de le décrocher délicatement et de le déposer au creux de ma main. Il n'a pas survécu et il est mort là, comme ça au contact de ma peau... .
Je l'ai déposé dans le parterre de fleur à l'entrée de la maison de ma patiente. Ce parterre devant lequel son mari s'agenouille pendant des heures parce que la maladie de sa femme rend l'intérieur de sa maison un peu plus pesant chaque jour.

Je me dis que si il tombe dessus ce soir en grattant ses fleurs il se dira que la Vie est belle et fragile... Ou peut être qu'il ne verra rien et qu'il le jettera un peu plus loin parce que rien n'importe plus que ce qui se joue entre les murs de sa propre maison...

lundi 17 juillet 2017

Trois gorgées de bière et deux morceaux de fromage.



- Une bière ! Je te promets, j'étais à deux doigts de lui demander de me payer une bière !

J'étais en plein débriefe concernant la fin de ma tournée du soir avec mon conjoint. C'était notre petit rituel sur la terrasse et j'avoue que ce soir là, j'avais bien besoin de bière et de fromage de savoie pour décrocher de la tournée du soir qui avait débutée comme ça :


- Mais genre " maintenant maintenant " ou ça peut attendre la fin de ma tournée de soins ?

A priori ça pouvait attendre. Garée à l'arrache sur un trottoir, j'ai pris une fiche de route pour noter les informations de ma nouvelle patiente fraichement sortie de l'hôpital et dont les soins débutaient ce soir :

" Intramusculaire d'antibio' + sous cut' d'anticoagulant 
+ prise de sang x2 cette semaine + 
Pose de bandes de contention : tous les jours pendant 10 jours "


Cette série d'actes allait me forcer à solder une nouvelle fois mes soins étant donné que je ne pouvais pas facturer plus d'un soin et demi. J'ai profité de l'avoir au téléphone pour aborder avec ma patiente le fait que la pose de ses bandes de contention n'allaient pas lui être remboursé par la sécu' :

- Ah bon ? Mais j'ai pourtant une ordonnance de l'angiologue ! (grand classique du médecin non formé à la nomenclature...)

" C'est que la sécu refuse d'inclure la pose de bandes de contention dans la nomenclature qui nous permet de facturer nos soins. Je peux vous les poser, je suis formée pour, mais ça vous sera facturé non remboursé. C'est nul, je sais et ça m'énerve je vous le promet, mais..."

Mon téléphone a bipé, j'ai coupé court en promettant de passer la voir au plus tôt pour débuter ses soins et j'ai pris l'appel d'une patiente que j'avais perfusé le matin-même :

- Votre perfusion s'est... Déperfusée ?

J'ai rajouté "Arf !" mais dans ma tête ça sonnait "Fait chier !" et je lui ai répondu que je venais au plus vite. J'ai fait un soin rapide qui était sur la route et puis avant d'entrer chez ma patiente rebelle-de-la-perf j'ai envoyé un texto à ma nourrice pour prévenir que ma mère viendrait chercher mes filles, retard oblige. J'ai constaté le cathéter déperfusé, j'ai re-préparé une perf', j'ai repiqué et reperfusé en les quittant d'un joyeux "Si je dois repasser tout à l'heure, vous me préparez l'apéro !" avant de refermer leur maison. 30 minutes de retard.

J'ai continué ma route pour me garer devant chez ma nouvelle patiente non prévue. On a rediscuté de la pose des bandes de contention : elle acceptait de payer la pose tout en admettant que c'était con, pour elle et pour moi que la nomenclature ne soit pas mieux adaptée. Je n'ai pas pu la contredire et j'aurais adoré avec la Ministre de la Santé sous un bras et le grand patron de la Sécu sous l'autre..

Je suis repartie de chez elle au ralenti, un peu fatiguée. Ce premier jour de reprise prenait fin et pourtant la fin de ma tournée me semblait loin, mais loin ! Encore 18 jours... Les vacances semblaient bien loin d'un coup.

J'ai retraversé deux communes pour me rendre chez ma dernière patiente, ma grognon-chronique. Toujours de mauvaise humeur, un peu-beaucoup alcoolique, toujours en colère contre la vie, franchement démente, et ce soir... Complètement imbibée d'alcool, jusque dans son lit qu'elle avait trempée d'urines. 
Il faisait chaud elle avait bu, mais pas de l'eau. Elle, ce qu'elle aimait c'était le vin rouge, celui qui tâche ses robes à fleurs. Ma patiente était perdue de ne plus savoir si c'était la fin de journée ou le matin et j’ai maudit le soleil qui la perturbait autant les soirs d'été. Elle était agacée de me voir arriver en retard et j'ai maudit sa démence-alcoolisée qui me reprochait mes avances, mes retards et peut-être ma présence tout court. Moyennant négociation, j'ai réussi à la mettre au propre et je l'ai quitté en pleine guerre contre les mouches qui envahissaient toute l'année cette maison qui sentait l'urine de chat et la pâté pour son vieux chat roux.

Déjà 45 minutes de retard, j'avais envie de rentrer bisouiller mes filles pour bien clôturer ma journée avant qu'elles aillent se coucher et puis mon téléphone a sonné :

- Devinez quoi... Qu'est ce que vous aimez boire à l'apéro ? ... Je me suis re-redéperfusée.

Oui, débriefer de tout ça valait bien trois gorgées de bière et deux morceaux de fromages.

vendredi 14 juillet 2017

Se former pendant la sieste.



...Et tenter de rester concentrée.

J'ai une formation obligatoire de 7h à boucler absolument avant... Demain !
Donc pas le choix, je profite de la sieste de ma plus petite pour me remettre le nez dans les cours de cardio' afin de boucler ma formation sur la prise en charge des anticoagulants.

C'est comme à l'époque de l'IFSI, sauf que les sièges mous en faux cuir déchirés de l'amphi sont remplacés par mon canapé supra-confortable, que mes potes-voisines-confidentes-pendant-les-heures-de-cours ont été remplacé par ma fille et que l'écran géant à la qualité médiocre sur lequel on ne voyait rien a été remplacé par mon PC. Mon ordinateur et son lot de sites saboteurs de motivation.

Bilan, je n'ai pas avancé des masses sur ma formation. J'ai quand même appris que le coeur battait 100 000 fois par jour, qu'il pompait 8 litres par minute et que tous les vaisseaux (gros et petits) de l'humain mis bout à bout permettraient de faire 2 fois et demi le tour de la terre. Et ouais ! J'ai aussi appris qu'il y avait des soldes de ouf qui me permettraient de faire deux fois et demi le tour de mon salon en sautillant de joie.

Conclusion, le coeur est un organe fascinant et j'ai acheté une paire de baskets avec des paillettes et ça c'est grave chouette !! 💖

mercredi 12 juillet 2017

Faire un chèque.



... À contre-coeur 😉

A chaque fois que je dois payer une prune ou quelque chose qui ne me fait pas plaisir je mets à la place du lieu d'habitation "À... Contre-coeur" (une fois j'ai même noté "À... lors que je ne roulais même pas vite !!" Pour payer un petit excès de vitesse ^^ )

Pour les chèques-cadeau-de-noël-que-tu-sais-pas-quoi-acheter je note "À...vec Plaisir ♡" (avec un cœur ouais, les cœurs ça marche aussi ^^).

Je ne sais pas où se trouve ce fameux lieu "À... Contre-coeur", mais je peux te dire qu'il a hébergé pas mal de mes chèques et que je ne suis pas prête d'y passer mes vacances !

Maintenant je vais "à Contre cœur" partir à la recherche de la vraie caisse de ma patiente et je sens que ça ne va pas se faire "Avec plaisir".

vendredi 7 juillet 2017

Le petit signe du jour.



Un papillon au creux de la main et un accompagnement de fin de vie express.

Tout à l'heure, alors que j'étais en train d'ouvrir le coffre de ma voiture pour y fourrer ma mallette de soins, un joli papillon a volé autour de moi. Un beau noir et blanc, un Demi-Deuil, j'en ai plein mon jardin.

Il s'est posé au sol, tout près de ma chaussure. Il battait des ailes au soleil, un peu mal en point peut être. Je l'ai pris délicatement pensant le mettre en sécurité un peu plus loin, de peur qu'il ne se fasse écraser. Je l'ai mis dans le creux de ma main et je l'ai regardé... Les yeux d'un papillon sont noirs et ronds, et sont entourés d'un petit velours foncé. C'est beau.

Le Demi-Deuil s'est tourné sur le côté en refermant ses ailes au dessus de son dos, il a replié ses pattes dessous son corps. Et il est mort. Là, comme ça. Au creux de ma main. Mort.

C'est con, mais ça m'a fait bizarre. Je me suis demandée pourquoi ce papillon avait choisi de tourner autour de ma tête pour battre une dernière fois des ailes et pourquoi il s'était éteint au creux de ma main.

La Vie est étonnante des fois

mercredi 5 juillet 2017

Soirée comptabilité : You-pi.



Chouette.

J'applaudirais bien des deux mains, mais j'ai un relevé de compte sans justificatif dans l'une et une bière dans l'autre. 😒

J'ai ma compta pro' à préparer pour mon comptable plus celle du cabinet et de la SCM rattachée... Voilà le genre de soirée qui me fait regretter le salariat. .
Deux fois par an, mon comptable me laisse un message sur mon répondeur sur un ton aimable / agacé / fatigué (rayer les mentions inutiles, ou pas) pour que je lui rende "au plus vite" ma compta'...

Deux fois par an, j'ai la flemme. Mais genre balaise la flemme, et du coup je m'y prends au dernier moment. Enfin "on" s'y prend au dernier moment. Oui parce que mon homme étant lui aussi en libéral, et ayant lui aussi une belle grosse flemme, il a droit également à sa bière. On se motive comme on peut (en s'alcoolisant oui... Mais je mange de la salade !!)

Paye tes soirées de couple. Je crois qu'on a rien trouvé de mieux comme contraceptif...

Allez à la votre ! (Pour les amateurs de bière : la IPA c'est du bonheur pur-malté )

lundi 3 juillet 2017

Soyez courageuse Madame… Et démerdez-vous.







- Tu veux du sucre ou du miel dans ton thé ?


Elle a versé l’eau chaude dans ma tasse et s’est assise en face de moi en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille. Les coudes appuyés sur le bord de la table, elle se réchauffait les mains en entourant de ses paumes sa tasse de café chaud. Elle m’est apparu toute petite d’un coup, et fatiguée. Non, épuisée. Depuis que son mari était hospitalisé, elle soufflait un peu, même si sa pudeur lui interdisait de le confier. Je savais que les derniers jours avaient été difficiles pour elle et je profitais de la fin de ma tournée pour passer prendre de ses nouvelles :


- C’est pas bien ce qu’ils ont fait…


« Ils » c’étaient les médecins de l’hôpital. Elle a détourné les yeux vers son chat qui se frottait contre le pied de la table. Elle avait dit ces quelques mots avec une voix douce, presque susurrée par l’épuisement. Accompagner son conjoint vers la fin de son existence, ce n’est pas rien. C’est un peu comme si ta vie à toi tout entière était en pause. Comme si l’espace-temps qui entourait la maison importait peu alors que, pour être honnête, tu lui en veux tellement à ce putain de temps. 
A ces minutes terribles où, impuissante, tu le regardes vomir. A ces heures interminables dans ton lit où tu fixes le noir de ton plafond, et que tu attends. A ces nuits blanches où tu tends l’oreille en te disant que c’est peut-être fini, et puis tu l’entends et tu te dis qu’il va encore falloir attendre... Ce putain de temps qui te fais culpabiliser de trouver ça long. Le temps qui distend les sentiments en les rendant fins, forts et fragiles à la fois. Le temps, dont tu manques pour profiter de lui, alors même que tu l'implores de passer plus vite, parce que tu n’en peux plus… 

Elle a caressé la tête de son chat qui avait fini par s’installer sur ses genoux.

J’ai soufflé machinalement sur mon thé qui n’était même plus chaud et en relevant les yeux sur elle, je me suis dit que c'était du gâchis. Parce que la maladie leur avait un peu voler la fin de leur vie de couple. Parce qu'elle leur avait épuisé le peu de temps qu'ils avaient à vivre à deux. A l'hôpital, ils n'avaient pas l'air de comprendre ce que c'était que de voir son mari dépérir dans ce lit dans lequel ils ont surement adoré faire l'amour et dans lequel ils ont certainement peur d'attendre la mort. A deux. Toujours.

Depuis les dernières transmissions de mon collègue, j’étais dans une colère dont j’avais du mal à me séparer, solidement accrochée à ma couenne de soignante car engluée dans une tristesse que j’avais du mal à cacher. Celle de voir partir un des patients auquel je tenais le plus…
 

-  Ils l’ont ramené à la maison alors que je les implorais de le garder. Les ambulanciers sont arrivés et on m’a dit qu’il fallait que je fasse preuve de courage pour les prochains jours...


samedi 1 juillet 2017

Les pieds en l'air et la tête ailleurs.



J'ai cru que j'allais louper le coucher de ce soir. La tournée de fin de journée, je ne la sentais pas... La tête ailleurs, auprès de lui, auprès de toi. Pas facile de voir partir un patient qu'on adore... Et puis finalement, je suis arrivée à temps à la maison. En retard, mais suffisamment à l'heure pour voir mes puces se coucher... Les voir partir la tête déjà dans les rêves et moi, la tête toujours un peu ailleurs...

Mais ces moments avec mes filles, je ne les échangerais pour rien au monde tellement ils sont précieux. De la paillette par conteneurs entiers pour me ravitailler quand j'en ai besoin, comme ce soir...

Des " bisou, encore un bisou !" et moi qui me demande comment tu vas dormir dans ta chambre d'hôpital ce soir. Mes doigts filant entre leurs cheveux fins et sur leurs fronts tout chauds et mes pensées vers tes proches qui doivent être au plus mal. Les portes de leurs chambres qui se referment et je la tienne que j'ai refermé et que je n'ouvrirais plus...

J'ai parfois l'impression d'être une demi-mère et une demi-soignante, dans un être tout entier et souvent pommé dans ce qui l'est juste de faire, de dire ou de ne pas montrer...

Ce soir, j'ai le coeur en vrac, je ne sais plus vraiment où j'en suis et je suis triste et en colère, si tu savais... Mais j'ai couché mes poussins et c'est déjà pas mal...

lundi 26 juin 2017

Le temps du repos.




La tête dans les papiers et les mains dans mes cheveux longs j'en ai marre de tous cette paperasse qui n'en finit pas...

Et en face de moi j'ai ça, enfin "Elle", Tina, et d'un coup, je n'ai plus du tout envie de me prendre la tête avec mes papiers... Tina s'en fiche pas mal de mes facturations tant qu'elle a des croquettes, Tina se fiche pas mal que je bosse même les jours de repos tant qu'elle peut sortir faire un tour, Tina se fiche bien que je sois claquée tant qu'elle peut se reposer...
Les chats, ces démotivateurs puissance 10 000... 
😡😘

dimanche 25 juin 2017

Love sunday.




- Les filles vous venez ? On va nourrir les poissons !

Les mains sont potelés et leurs cous ont ce petit pli et le duvet fin des bébés que je ne suis pas pressée de les voir quitter...

Alors qu'elle secouait sa main au dessus du bassin pour faire tomber la nourriture à poisson dans l'eau, ma grande m'a dit : "Tu pars au travaille après maman?"

Elle me le demande souvent, elle est un peu perdu dans mon roulement ma puce. J'ai caressé son cou tout doux, lui ai dit que cette semaine c'était repos et je lui ai encore donné un peu de nourriture pour les poissons dans le creux de sa main...

Un dimanche sur deux pour profiter d'elles deux, ça peut paraître peu... Alors profitons en ! J'aime tellement les dimanches-repos près du bassin 😊💙

vendredi 23 juin 2017

Une maman infirmière, c'est mieux que rien.






Hier je discutais avec une journaliste et on abordait l'aspect familial dans ma profession :

- Est ce que vous avez parfois le sentiment qu'il vous est difficile de concilier votre travail et votre vie familiale ?

Je n'ai pas répondu tout de suite parce que je connaissais la réponse et j'avoue qu'elle ne me plaisait pas. Pendant mon roulement, mes filles voient plus leur nourrice que moi, quand je rentre le soir je suis fatiguée et pas toujours patiente, je loupe les réveils et puis parfois les couchers, les dessins de l'école, les kermesses et certains noël aussi...
J'ai répondu à la journaliste que je m'étais souvent demandé si ce ne serait pas mieux de ne pas être une Maman-infirmière. Je le pensais sincèrement... Sauf ce soir.

Au moment du coucher, mon poussin-cascadeur s'est pris une porte, genre sans l'ouvrir avant. J'ai juste entendu mon conjoint me dire "Elle s'est ouverte le front, il faut des strips !"

J'ai couru à ma voiture prendre ma mallette de soins, remonter les marches, SHA, compresses, biseptine, stéristrips, bisou-calin, pansement-special-courageux (que je mets également à mes patients les plus vieux 😁) re-bisou-calin.

Mon ainée regardait ses parents soigner sa petite soeur qui était fière d'avoir un pansement de pirate. Mon grand-poussin regardait l'intérieur de ma mallette et elle avait ce regard plein de paillettes. Ce même regard qu'elle a quand on va dans un magasin acheter un jouet pour ses copines.

Magique ! 
Une Maman-infirmière, c'est mieux que rien finalement 
😁

jeudi 22 juin 2017

J'ai toujours mal au crâne mais j'ai mangé du Crunch.



Ce matin, je suis passée au cabinet pour mettre la main sur une boîte de paracétamol. L'impression d'avoir un t'as d'aiguilles au fond de la gorge, une serpillière dans les sinus et un boulet accroché à chacune de mes jambes. Malade, j'étais malade p*tain de clim' que j'ai osé mettre juste avant hier pour m'aider à supporter cette averse orageuse sous les 38°c extérieurs qui te donnent l'impression d'être dans une cabine de hammam version "j'ai un jean, des boots et un maquillage de juncky défoncée aux huiles essentielles qui ne marchent même pas !!".
 
J'ai posé mon sac à main à l'arrache dans mon cabinet et j'ai ouvert le tiroir : Bingo ! Du paracétamol et comble du bonheur : du Crunch, vestige de mon étudiante qui devait craindre que je saque son bilan de stage si je n'étais pas convenablement chocolatée.
Mais avant d'avaler mon cacheton, je me suis rappelé que je devais photocopier cette ordonnance, et puis appeler le labo pour qu'ils viennent chercher les boîtes de bilan sang, prendre des sets à pansements pour la voiture, rappeler le labo pour récupérer les résultats un bilan et filer parce que j'étais à la bourre...
 
En claquant la porte de ma voiture je me suis rendu compte que j'avais oublié le comprimé sur la paillasse du cabinet. Mais j'avais encore le goût de Crunch dans la bouche... J'ai mal à la tête, mais je suis hyper-chocolatée, ça devrait aller 😁
 
"Le chocolat c'est la vie, la pharyngite c'est l'ennui !"

samedi 17 juin 2017

Patience, patience...


Tu es à l'heure malgré les quatre précédentes prises de sang dont deux piquées sur des veines de l'impossible... Et tu l'attends. Et tu t'agaces.

Elle ne vient pas, ta poseuse de lapin. Tu commences à la connaître ta patiente à grandes oreilles qui arrive toujours en retard, pile les jours où tu es à l'heure et qui débarque à l'heure au cabinet pile quand tu es à la bourre.

Mais ce matin, elle semble avoir trouvé sa couette plus confortable que le plastique dur de mon siège de prélèvement.

Patience patience, être patient des fois, ça se joue aussi du côté du soignant !

vendredi 16 juin 2017

Le dernier soin d'hygiène.








Aider sa dernière patiente à être propre pour la nuit, fermer la porte de sa maison, remonter dans sa voiture, rouler... Et passer la porte de chez soi assez tôt pour participer au tout dernier soin d'hygiène de la journée.

Celui avec des crêtes en mousse sur la tête, celui avec des bras potelés et des petits pieds qui le sont tout autant, celui avec "Regarde Maman je fais la fontaine avec ma bouche", celui avec des cris et des rires, des bulles et de l'eau qui déborde.

Mes enfants, mes puces d'Amour c'est ma rephase à moi, mes piles qui me rechargent, mes petits coeurs quand le mien semble s'être un peu trop vider...

Elles sont magiques mes filles, vraiment, et elles envoient grave de la paillette !
😁💙💚

jeudi 15 juin 2017

Le "coucou" pas prévu.


 
Il est revenu me saluer hier alors que j'étais le nez dans les fleurs à chercher à faire des photos : mon bébé-crapaud ! 🐸💚

Il n'a pas beaucoup grandi depuis la dernière fois mais il prend ses aises au frais près du potager. Les crapauds, les grenouilles, c'est une grande histoire d'amour.

Pour la petite histoire, lorsque j'ai ouvert mon cabinet infirmier il y a quelques années, j'ai posé ma plaque sur la façade d'une très vieille maison que je louais à ce moment là en attendant d'acheter mon cabinet actuel.
Et cette maison avait une cave; et dans cette cave il y avait (je te le donne en mille) un énorme crapaud ! Mais d'une maigreur, d'une maigreur... Le pauvre.

Je pense que son sort ne s'est pas joué à grand chose, signe qu'il était plus que temps pour moi de me mettre à mon compte. Je l'ai donc ramené à la maison pour le mettre au frais dans un parterre. Je n'avais aucun patient, aucun appel pour des soins et mon compte bancaire était aussi maigre que mon crapaud mais je l'avais sauvé et j'étais bien heureuse ! Mon tout premier patient à avoir eu besoin de moi était en fait... Un crapaud 😁

Aujourd'hui, Gros-Guy va beaucoup mieux et il est devenu énorme ! Il vit toujours chez nous et on l'aperçoit de temps en temps le soir devant notre porte d'entrée. Et preuve qu'il semble avoir trouvé son bonheur, depuis quelques années il nous offre de jolis bébés !

vendredi 9 juin 2017

Au creux de mon cou.






- Mon Tout-petit…


Je me suis avancée vers toi avant de m’agenouiller à tes côtés, toute petite que tu étais dans ton grand fauteuil. Les yeux rougis d’une nuit sans sommeil, tu me regardais de tes beaux yeux clairs sans cesser de me répéter « C’est pas juste. Pas juste… ». Et qu’est-ce que j’aurais pu te dire… J’ai pris ta main posée sur l’accoudoir et je l’ai serré doucement dans les deux miennes.

La patiente juste avant toi se disait fatiguée de porter sur son corps de vieille, les 94 années qui la séparaient du ventre de sa mère. Toi, tu venais de perdre celui qui était sorti du tien il y a longtemps, pourtant, à te voir recroquevillée sur toi-même ce matin-là, c’est comme si tu pouvais le porter contre ton sein, encore une fois. L’autre patiente m’avait montré de son index tendu, le plafond de sa cuisine :

- C’est lui, là, qui décide !

Un réflexe à la con m’a fait relever la tête. Marchant au plafond, je n'ai vu qu’une mouche qui jouait avec sa vie en passant au plus près du papier gluant. Le Grand Patron aurait-il des ailes, de gros yeux à facettes et une attirance pour ce qui se décompose et sent le rance ?
J’ai caressé ta peau fine qui roulait sous ma paume.

- Il n’y a pas de Justice, il n’y a pas de Bon Dieu. S’il existait, il m’aurait choisi à sa place. A la place de mon Tout-petit…

Des larmes, grosses, ont roulées sur tes joues avant de disparaitre sur le col en coton de ta robe de chambre. Tu n’avais de cesse de me répéter « Mon Tout-petit » en regardant ta main qui tenait ce mouchoir en tissu blanc tout mouillé et chiffonné. J’ai laissé le silence porter tes sanglots. Qu’est-ce que j’aurais pu te dire… Peu importe l’âge de la mère, peu importe l’âge de l’enfant personne ne devrait avoir à pleurer la perte de son Tout-petit.  J’ai ouvert mes bras et un peu mon cœur aussi et je me suis rapprochée de toi. Tu es venu loger dans le creux de mon cou ton cœur de mère dévasté d’avoir perdu son enfant. J’ai caressé doucement ton dos tout chaud…

 Qu’est-ce que j’aurais pu lui dire…

[ illustration de Rocyo Montoya