vendredi 20 octobre 2017

Je (re)passe sur France 2



Rendez vous demain midi, dans le 13h15​ du samedi !
Bordel-de-flippe 😓 !!

Ça y est, je suis officiellement en conflit avec mon transit et tout ce qui est consistant et qui se mange (hormis le chocolat). Je recherche ma confiance en moi et l'idée que j'ai eu de me confier à une personne que je ne connaissais pas pour la laisser me filmer pendant 8 jours (Anne Claire ! 💖). J'espère que ce qui en ressortira sera chouette et utile... Mais j'ai peur, c'est con hein. .
J'ai peur que tout n'ai pas été dit, que rien n'ai été retenu, qu'on se dise "C'est quoi cette nana ?!"... Pas simple, vraiment, de passer derrière les caméras.

40 heures filmées (ma pauvre équipe  de journalistes était rincée !) pour 30 minutes retenues ("chapeau" au monteur qui en a bien besoin car il a dû s'arracher les cheveux!).

Comme la dernière fois avec Olivier Delacroix, je suis en flippe totale et je suis pressée sans l'être vraiment de voir ce qui va ressortir de ce tournage. .
Rendez vous donc demain midi mes chatons, le samedi 21 octobre à 13h15 sur France 2 (et ce soir si tu veux un avant goût à 20h). Et profitez en, car c'est la dernière fois !

samedi 14 octobre 2017

Version Super-Picsou-Géant ! (Celui avec le cadeau dedans)



Ce matin dans ma boite à lettres j'avais tout plein de courriers inintéressants et j'avais ça : une belle enveloppe de l'Élysée (celle avec le sceau en relief derrière, c'est chouette).

Bon par contre, j'ai lu le petit mot et j'ai l'impression d'être au travail en mode "Déchiffrage d'ordonnance" tellement le président semble avoir éternué en écrivant.

Si j'ai bien compris, il a écrit "Merci pour votre livre !", et puis ensuite je pense qu'il a voulu dire "Je l'ai adoré, il était génial, il m'a ouvert les yeux sur les conditions de travail des soignants du coup je regarde dans mon agenda de président et on se fixe un rencart pour en discuter ensemble autour d'une bonne petite bière" mais il n'avait pas la place sur sa mini-carte alors il a juste noté "À vous, E. Macron".
 
C'est un bon début non ?

vendredi 13 octobre 2017

Effet Picsou-Magazine !



Ce soir dans ma boite à lettres, j'ai trouvé un courrier à en-tête, celui du Ministère de la santé. Oh bordel ! 

J'ai regardé l'enveloppe et j'ai fait "Oh !", j'ai déplié la lettre pour regarder la signature et j'ai fait "Han !", j'ai lu le courrier et j'ai fait "Cool !"... .

Ouais, en fait j'ai eu la même réaction que ce jour où j'ai ouvert ma boite aux lettres sur la pointe des pieds et que j'y ai trouvé mon tout premier Picsou Magazine. Ce soir, j'ai 8 ans !
Bon ok, elle ne l'a pas encore lu mais elle a au moins eu l'amabilité de me répondre qu'elle l'avait bien reçu. Reste à voir si son agenda de Ministre lui permettra de plonger dans mon livre ! 

Bonus-minou-rien-à-foutre : mon chat, pas peu fier, s'est gentiment posé le cul sur le courrier de la Ministre me servant ainsi de presse papier ministériel. Si ça c'est pas la classe !

jeudi 12 octobre 2017

Ci-gît la motivation de la libérale.




La sieste et l'infirmière libérale, c'est un peu un rendez vous qu'on programme avec nous même et qu'on déteste louper tant on sait que notre humeur du soir (tournée de soins et vie de famille compris) en dépend (ok j'avoue, parfois, ce n'est même pas suffisant)

Ce n'est pas obligatoire c'est vrai, mais c'est tellement mieux avec ! C'est un peu comme le petit parasol décoratif sur le bord d'un cocktail, comme le "cordialement-merci-bisou" à la fin d'un courrier de rejet de la CPAM (ok ça n'existe que dans mes rêves) ou comme le "Bonjour !" que je cherche à faire dire à ma grognon-chronique chaque matin... C'est tellement mieux avec...

Je serais donc grée aux entreprises de gestion de crédit, à celles qui vendent des fenêtres ou des voitures neuves "à gros gabarit parce qu'on sait que vous, les infirmières libérales, vous en avez besoin" _ moi je lui ai demandé une voiture qui ne coûte rien et qui consomme que dalle mais la dame n'avait pas en stock _ de bien vouloir arrêter de me réveiller pile au moment où je m'endors ! C'est pas cool, ça rend grognon.

Dormir l'après midi c'est important, d'ailleurs tout soignant sait que la sieste est aussi sacrée que les vertèbres qui se trouvent dans tes fesses (humour de soignant-gnan).

Bon sinon, j'ai un truc imparable pour faire buguer n'importe quel vendeur par téléphone. Vous répondez dès sa présentation par un : "Si c'est une question je ne souhaite pas y répondre !", vous entendrez alors au bout du fil le grand moment de solitude de ceux qui ne sont formés que pour vous répondre par une question. Comme quoi mon BTS commercial m'aura au moins servie à une chose dans mon travail d'infirmière : profiter plus longtemps de mes siestes !

mercredi 11 octobre 2017

Mais c'est vous là ! Si si, c'est vous !




Je suis dans le Courrier de l'Ouest et ce matin j'ai vu ma trogne sur la table de beaucoup de mes patients. Ça fait bizarre ! 

"Vous devez être fière !" voilà ce que j'ai entendu et je n'ai pas su quoi répondre. Là tout de suite maintenant, je suis fière de moi parce que j'ai ENFIN géré les deux rejets de la CPAM qui traînaient dans mon agenda depuis des semaines et qu'une flemme immense m'empêchait de traiter. Mais concernant le livre, je ne suis pas fière non, mais je suis hyper-contente et ça c'est chouette !

C'est que je suis moitié-con vous savez, je réagis toujours à distance sur les événements forts. Ça vaut pour ma première grossesse, la perte d'un être cher, mes cotisations à l'URSSAF, la découverte de la glace "Cookie Dought" de Ben&Jerry et le fait d'écrire un livre.

Donc soyez rassurés mes chatons, je devrais commencer à capter ce qui se passe d'ici quelques mois, une fois que l'engouement autour du bouquin sera retombé. Bel après midi à vous !

lundi 9 octobre 2017

Bon bah dans le doute...




... Je vais prélever tous les tubes !

- Hein ? Parce que ?!
- Parce que votre médecin a dû éternuer en rédigeant votre prescription vu comme c'est illisible !

Le patient a fait une moue. Celle qui lui a fait tordre sa bouche de travers pour me faire comprendre qu'il était moyennement d'accord. Moyennement d'accord avec le nombre de tubes que je préparais pour sa prise de sang. Huit. Toutes les couleurs et plus encore pour éviter le risque de recevoir un appel du laboratoire me demandant de repiquer mon patient parce que "Charline tu as oublié un tube EDTA pour doser sa VS !", mais où ? OÙ EST CE QUE C'ÉTAIT PRESCRIT BORDEL ?!

J'ai décrypté quasi toute l'ordonnance mais il restait encore deux ou trois lignes qui ressemblaient à une quinte de toux du médecin (le pauvre devait être vraiment très malade). Le dernier tube prélevé, j'ai conclu la prise de sang par un joyeux :

- Et pour votre plus grand plaisir nous allons nous revoir car vous allez devoir prélever vos selles dans des petits pots pendant 3 jours, regardez c'est noté là et puis là ! Et ça, ce sont les petits pots cadeaux. 

Sa mou tordue d'un côté s'est transformée en grimace qui avait contaminée toute sa bouche. Et puis mon patient a enfilé la dernière manche de son manteau tout en regardant les petits-pots-à-caca que j'avais posé près de sa carte vitale et les yeux plein de malice il m'a dit : "Finalement dans cette histoire, vous n'aurez pas été la seule à en chié !".
 
J'adore mes patients !

jeudi 5 octobre 2017

Coup de gueule infi' #29 : La petite cuillère et la pelleteuse (et la confiture salée)



- Le déplacement ? Non, le médecin a encore refusé de me le prescrire…

Tout en me répondant, ma patiente s’affairait à sortir de son grille-pain une tranche de pain noircie dans un coin en faisant levier avec la pointe de son couteau pour ne pas se bruler. Je venais à peine de terminer sa prise de sang qu’une cuillère s’enfonçait déjà dans le pot de confiture, que le café fumant était servi presque à ras bord dans le bol tâché par des décennies de petits déjeuner et que ma patiente assise une serviette sur les genoux, était prête à remplir son ventre creux. C’est que la petite dame était du genre à tourner aussi vite de l’œil après sa prise de sang que le lait à disparaitre dans le café qu’elle était en train de touiller avec délicatesse. Du coup, à force de malaises dans mon cabinet calmés à coup de jambes en l’air et de sachets de sucre, j’avais demandé à réaliser ses prises de sang chez elle, au plus près de la cafetière et du pot de confiture. Je retirais l’aiguille, je posais le pansement et trois, deux, un : TOP sur la tartine ! Et plus aucun malaise grâce à la magie sucrée. J’avais alors demandé au médecin traitant de prescrire le domicile permettant ainsi à ma patiente d’être remboursé de mon déplacement que je trouvais justifié.  


- … Il m’a dit « C’est avec les petites économies qu’on évite les grandes dépenses ! », vous imaginez ?

J’imaginais bien oui… Le médecin derrière son bureau en bois en train de refuser le déplacement de 2€50 à sa patiente qui n’était pourtant pas du genre à insister. Un médecin heureux d’avoir empêché l’infirmière libérale de faire un vilain trou de 2€50 dans celui de la sécu qui était déjà bien balaise. Assise à table, j’étais en train d’écrire sur les tubes colorés qui contenaient le sang de ma patiente et d’un coup, sans prévenir, je me suis sentie agacée par une multitude de petites choses, un peu comme si un voile de censure-du-moche s’était levé. Je n’entendais plus que le bruit de ses mâchoires qui découpaient bruyamment la tartine dont la confiture étalée en épaisseur s’écoulait dans le bol. Le mini-chien-moche bloqué dans la véranda pour éviter à mes mollets de se faire agresser s’impatientait et faisait ce petit bruit aigu et strident qui m’empêchait de me concentrer sur les tubes. La pointe de mon stylo qui fonctionnait mal et bavait essayait d’écrire sur la mini étiquette du tube l’identité de ma patiente qui, je vous le donne en mille, avait un prénom composé et un nom de famille à rallonge. Il était tôt, j’étais fatiguée, j’avais faim et là tout de suite maintenant, j’aurais voulu me téléporter sous une couverture avec mon chat, une cuillère et un pot de glace sous un bon feu de cheminée loin des confitures qui coulent, des veines impiquables et des médecins-radins.

« C’est avec les petites économies qu’on évite les grandes dépenses ! ». Bordel... En fait, j’étais agacée de la remarque de ce médecin obnubilé par un trou qu'il cherchait à tout prix à combler pendant que moi, infirmière libérale, je semblais prendre un malin plaisir à creuser celui de la sécu à coup de…


- Cuillère. Vous voulez une cuillère ?

J’ai relevé le nez vers ma patiente qui repue et sucr-réveillée me proposait une cuillère de confiture pour accompagner la tranche de brioche qu’elle avait déposé devant moi sans que je m’en rende compte… Une cuillère, c'est ça. En fait, je suis une cuillère qui creuse de petits trous dans celui de la sécu… Je regardais la cuillère posée de façon instable sur le bord du pot et qui s’enfonçait doucement et je me suis dit que le médecin avait peut-être raison. Que c’était en faisant de petites économies qu’on éviterait peut-être de faire grandes dépenses… Une douleur vive fouetta l’arrière de mon crâne me forçant à passer la main sur ma nuque : 


- Non mais ça va pas, tu t’écoutes là ? Pendant que tu y es, ne facture pas la prise de sang comme ça le système de santé sera tellement fier de toi qu’une fois arrivée à ta retraite à 67 ans il te fera l’ultime honneur d’épingler sur ta sacoche de soins la « Médaille du mérite de celle qui n’en a pas ! ». T’auras l’air bien con ce jour-là avec ta cuillère dans la main « C’est pas moi m'sieur de la Sécu, c’est ma cuillère qui a fait des p’tits trous dans le vôtre qui est trop gros ! » Mais merde ! Si toi tu es une cuillère alors eux, ce sont des pelleteuses !

mercredi 27 septembre 2017

Des milliers de mercis !



Vous êtes déjà près de 8 000 à l'avoir acheté !

Une semaine que le livre est sorti, qu'il est entre vos mains et les retours que vous en faites sont justes magnifiques et tellement chouettes !
Pourtant, quand je l'ai écrit j'étais moins sûre de moi que semblait l'être mon éditrice. Je ne la remercierai jamais assez d'avoir trouvé les mots pour calmer mes angoisses (Merci Fleur ).

Et M E R C I à toi qui a passé les portes de la librairie pour l'acheter, M E R C I à toi d'avoir pris le temps de me laisser un message plein de beauté et d'amour avec des mots qui paillettent jusqu'à la rate.
Bordel mais j'ai envie de tous vous prendre dans les bras et de vous faire un câlin de cœur (tu sais celui qui serre fort contre toi) !

Des dates de séances de dédicaces viendront vite. J'annonce celle près de Rennes en fin de semaine et viendront ensuite Angers et peut être les Hauts de France (J'ai vraiment du mal avec le nouveau nom de cette région ^^).

Petit rappel : les séances de rencontre-signature doivent être demandées par les clients auprès de leurs librairies, ni Flammarion ni moi n'avons de pouvoir de décision d'aller là ou là ... C'est à toi de jouer !

Plein de merci (encore) et de bisous (toujours) mon chaton !

mardi 26 septembre 2017

Et pendant ce temps là, certains s'envoient en l'air...


J'ai sonné sans trop d'envie en appuyant fort sur le bouton en plastique moitié cassé. Celle qui m'attendait chez elle devait être en train de grogner à cause des nuages alors que la veille c'était à cause de la pluie et puis du soleil aussi. Elle devait certainement souffler la fatigue d'un corps vieillissant tout comme les jours d'avant, comme une habitude qui était devenu un mauvais caractère et une fin en soi jusqu'à ce jour où les yeux sombres elle m'avait avoué " Moi, j'attends de crever. Tous les jours !! ".

Cette patiente n'était pas le rayon de soleil de mes tournées, c'était plutôt la version "couché" de l'astre, celui qui refroidi et qui endort l'envie... Et alors que je m'apprêtais à passer le pas de sa porte, je les ai vu tous les deux l'un sur l'autre. J'avais sonné, ma patiente-grognon-version-soleil-couché m'attendait mais je me suis accroupie et j'ai pris le temps de je les regarder s'envoyer en l'air. Quelqued secondes ou quelques minutes au final je ne sais même plus. C'est con, mais j'ai trouvé ça beau alors j'ai pris une photo.

Quand je suis arrivée devant elle, sans même me regarder ma patiente a remplacé son "Bonjour" par un

- T'en as mis du temps ! Qu'est c'qu'tu f'sais ?!
- Je regardais des insectes s'envoyer en l'air...

Et je lui ai montré la photo. Elle a jeté un œil sur mon téléphone et a soufflé en faisant mine de chercher un truc sur sa table recouverte de journaux et de napperons et elle m'a  dit "C'est d'la vermine !!".

En partant vers sa salle de bain pour chercher le nécessaire pour son soin je me suis fait la réflexion que son jardin avait finalement de la chance qu'elle ne s'en occupe plus et puis devant le miroir je me suis dit "C'est peut-être de la vermine, mais eux au moins ils font l'amour, pas la gueule... !".
Plus tard, si j'ai la chance de devenir vieille et si la vie me rend grognon, j'espère que deux mantes religieuses viendront se poser sur le pas de ma porte pour me rappeler qu'on peut attendre la mort en gueulant mais que ça n'empêchera jamais à la Vie de s'envoyer en l'air !

dimanche 24 septembre 2017

Drop the mic'... Pour la dernière fois.


Je voulais vous l'annoncer qu'une fois le tournage vraiment terminé. Et puis tout à l'heure devant mon cabinet  je leur ai dit un "Au revoir" qui puait l'adieu, le genre que tu fais avec un bisou appuyé qui serre fort. J'avoue, on était un peu triste de se quitter. C'est que je l'aime beaucoup cette équipe de France 2, et puis 7 jours de tournage du matin au soir ça créé des liens.

Une équipe du 13-15 du JT du samedi de Laurent Delahousse est donc venue me filmer pendant une semaine de roulement. Pour voir ce qu'était mon travail d'infirmière libérale, pour apprendre à connaître mes patients, ma famille, mes potes et mon collègue. C'était tellement chouette de leur montrer tout ce petit monde qui fait ce que je suis...

Ce film était prévu depuis des mois et il n'aurait pas dû avoir lieu avant longtemps et puis tout s'est précipité ces dernières semaines...

Tout à l'heure j'ai dû laisser Anne-Claire, Vincent et Arnaud sur le trottoir pour repartir soigner mes gens... Et c'était la dernière. Le dernier film auquel je participe sur mon métier. La prochaine fois, je passe la main à une autre, chacune son tour !

Rendez vous vers la mi-octobre (je vous confirmerai la date) pour découvrir ce film !... En attendant, bon courage au monteur et à Anne-Claire pour le visionnage des 40h de vidéo !

A défaut de photo de nous quatre, je vous laisse découvrir en "presque vrai" : Anne-Claire la journaliste, Arnaud l'ingé son, Vincent le caméraman et moi en robe de mariée multicolore (allez comprendre je ne suis ni mariée ni fan des robes) : vous me manquez bordel !!

Bonne fin de week end, je retourne travailler mon chaton !

vendredi 22 septembre 2017

Et c'est reparti...



Voiture garée devant le cabinet, bisou au collègue fatigué, transmissions terminées, re-bisou pour dire " au revoir !" au collègue qui n'a qu'une envie celle d'aller se coucher, voiture démarrée... J'avoue, j'ai la flemme, je suis claquée et je traîne un peu de la mallette.
Premier virage, premier trottoir grimpé pour se garer au plus près (je vous avais dit que j'avais la flemme ?), première porte frappée, je baille un peu et premier sourire de la toute première patiente faisant écho au mien apparu comme par magie sur mes joues et qui me tire par le bras pour me montrer son parterre en fleurs... Je suis toujours claquée mais je suis contente de la revoir.

Certains diront que je suis gnangnan ou cul-cul quand je parle des gens que je soigne (je l'ai entendu) mais c'est une belle réalité : j'aime ceux dont je m'occupe, surtout les plus vieilles qui me font remarquer que les dahlias jaunes tant attendus sont en fleurs maintenant. Pour être tout à fait honnête je m'en fiche un peu mais je suis touchée de voir ma quasi-centenaire heureuse comme une gamine au milieu des fleurs...
C'est reparti pour un roulement de 7 jours non stop avec un beau coucher de soleil et une belle surprise à la clé que je vous annonce ce week-end !


jeudi 21 septembre 2017

Et il ne m'appartient plus.




Ça y est je l'ai vu, dans les rayons d'une librairie, à deux endroits différents dans le magasin même... Classe mais ça me fait bizarre.

Et puis d'un coup, je me suis dit que j'étais peut être un peu con. Un peu con parce qu'il a fallu que j'aille dans une librairie, que je le touche et que je le respire pour que je comprenne que j'avais vraiment écrit un livre... Un peu con la nana quoi...

J'ai pourtant passé deux jours sur Paris, j'ai rencontré plein de journalistes, tous contents de mettre un visage sur des mots qui les ont fait sourire et renifler parfois... Mais j'ai pas capté.

J'ai passé deux jours à signer des livres tout neufs même pas ouverts, à serrer des mains tantôt froides tantôt moites et à rendre des sourires que je savais sincères... Mais j'ai pas capté.

Et je suis dans le rayon, la vendeuse me bouscule pour mettre des livres tout près du mien. Bordel mais j'ai vraiment écrit un livre en fait !! D'un coup, j'ai envie de la prendre par les épaules et de lui hurler de joie "Regarde, c'est le mien ! C'est moi qui l'ai écrit !! C'est génial ça non, hein, dis, hein !?" mais à la place je me suis entendu m'excuser parce que je l'empêchais de passer...

Depuis deux jours j'ai sur mon visage un sourire de niaise-heureuse quand je repense à tous vos messages, aux photos du livre entre vos mains et à votre joie non dissimulée d'être pressées de le lire, d'être en train de le lire ou de l'avoir lu... Ce matin j'ai compris le cœur un peu serré et gonflé en même temps que mon livre ne m'appartenait plus vraiment. Mais sans tristesse parce que je le sais entre de belles mains, les vôtres.

MERCI tellement pour l'accueil que vous lui faites, je suis touchée, tellement touchée ! Je vous fais un gros coeur avec les pouces (c'est pas possible mais on s'en fout) !

➡ Bonus-Y'a-D'la-Joiiiiiiie : t'as vu, j'suis prem's dans la catégorie médicale d'Amazon et mon éditrice vient de m'apprendre qu'elle avait du relancer des impressions du livre ! Gniii-cool-cool 😁👌

Bisou mes chatons !

mercredi 20 septembre 2017

La dédicace du jour.




... J'espère qu'Emmanuel a de l'humour  

Le Big boss de la France fait parti des 5 personnalités à qui j'ai souhaité envoyer mon livre. Sa collègue, Agnès Buzyn (notre ministre de la santé) aura elle aussi droit à sa petite dédicace

Je suis sûre que tu es curieux de savoir qui sont les trois autres, et tu vas sûrement te dire "Elle est pas bien...!" : François Morel, Éric Dupont Moretti et Patrick Sébastien (et ouais le mec du petit bonhomme en mousse quoi, mais je suis attachée à ce mec que je trouve foncièrement simple et humain qu'est ce que tu veux ^^)

Une rencontre-signature est d'ores et déjà prévu près de Rennes le mois prochain et celle d'Angers sera prévue sous peu je l'espère (je communiquerai les dates plus tard) .
Belle journée mes chatons moi je file à la maison de la radio

vendredi 8 septembre 2017

Être mort, c’est comme être con.




- Mettez vous bien sur deux rangs s'il vous plait messieurs dames...

Et j’avance, petits pas par petits pas. Je n’aime pas quand ça n’avance pas. Surtout quand je n’ai qu’une envie, celle d’aller vite vers toi et me barrer… Je me décale légèrement de la file d’attente et je te vois au loin, tout sourire et encadré. Je fais une mou un peu ridicule, je crois que je n’ai plus envie d’y aller. Je me retourne, l’allée est blindée, je suis coincée. Je vais avoir l’air con si je rebrousse chemin « c’est qui cette nana qui refuse d’aller lui dire au revoir ?! ». Alors j’avance, petits pas par petits pas.

Les mains dans les poches, je regarde mes boots en cuir : tiens, il y a une tâche. Ça fait moyen, j’aurais pu l’essuyer… Mais c’est un truc que tu ne m’aurais jamais reproché toi, alors je m’en fiche un peu. Une fois, en m’ouvrant la porte de ta maison tu m’avais surpris en train de m’essuyer le bout de ma chaussure sale contre mon mollet genre flamand-rose-toqué-de-la-tâche et tu m’avais dit « Hey Michel (tu appelais les gens Michel avant de raconter une blague), tu crois que tu viens soigner Rothschild ? T’en fait pas va, les vraies tâches ne passent pas ma porte ! Entre, je suis au téléphone j’en ai pour deux secondes. Tu te sers un thé ? ». Je connaissais par coeur ta maison, le placard avec les sachets de thé et ton chat qui grimpait sur l’évier pour que je lui caresse la tête. Je regarde ma tâche, je pense à Rothschild que tu aurais surement appelé Michel, à ton chat, au thé noir et j’avance…

Dans ma poche je sens mon papier froissé et humide à force d’être serré dans ma main moite. Cette feuille que j’ai cherché au fond de mon sac avant de venir ici parce que j’avais besoin de l’avoir contre moi. Pour avoir un peu de toi rien qu’à moi. Les gens devant moi te saluent, la file se réduit et je continue d’avancer. J’entends le bruit des goupillons reposés dans la coupelle sur pied doré. Ce n’est tellement pas toi tout ça. Encore un pas. L’assistant funéraire nous rappelle de bien nous mettre sur deux rangs. Rien qu’un tout petit pas pour te toucher...

J’ai délaissé le goupillon qu’on m’avait tendu pour lui préférer le contact dur et froid de ta boite. J’ai enserré doucement de ma main l’angle de bois ciré et parfaitement vernis. Mes yeux se sont perdus sur le cadre posé sur ton cercueil. Un sourire ouvrait ton visage en plissant tes yeux qu’on devinait vert clair. Mon cœur s’est serré aussi fort que si l’on avait voulu le froisser comme une feuille pour en faire une boule dure et moche. Je suis sortie sans regarder ni mes chaussures ni ceux qui m’entouraient. Je voulais juste une clope et puis je me suis souvenue que j’avais arrêté de fumer.

Dehors, je me suis rapprochée d’un groupe de fumeurs pour profiter en toute impunité de leurs fumées. J’ai regardé le ciel nuageux et le clocher qui sonnait ton départ. Et d’un coup, un peu vide de tout, je me suis dit « A quoi bon ? A quoi bon tout ça si ça doit se terminer dans une boite avec le cœur froissé ? ». J’ai ressorti la feuille de ma poche, celle que tu m’avais offerte lors de notre rencontre il y a quatre ans pour le premier soin : 

lundi 4 septembre 2017

Et ce soir je trinque...





... À toi 💖.

À toi qui m'attendais sur le pas de ta porte tous les jours depuis 4 ans.
À toi qui a fait face avec courage à cette maladie qui te faisait peur.
À toi dont j'ai tenu la main il y a peu, sans te mentir, sans te dire que tout irait mieux.
À toi à qui je vais dire au revoir, pour de bon demain...

Je trinque à toi mon tout-premier-chouchou, mon patient si spécial que je ne sais plus comment qualifier, vraiment.

Et puis le cœur lourd, je trinque à la Vie que tu aimais tant. À celle qui te faisait déboucher des bouteilles de vin avec ces potes dont tu aimais t'entourer, à ce bonheur de t'avoir si souvent trouvé avant le soin dans ton garage auprès de ta bagnole de collection ou autour d'une belle table avec les tiens, les huitres, le vin blanc et cette sauce au beurre blanc que je n'ai jamais su aussi bien faire que toi. À cette vie que tu croquais avec plaisir et que tu avais tellement de peine à quitter.

Je trinque à la Vie des autres, à la vie des tiens, à la mienne aussi que je remercie chaque jour de me permettre de rencontrer des gens comme toi. Tu me manques déjà...

Je suis fière d'être ton infirmière. Même si ce soir j'ai le coeur lourd, même si ce soir je trinque... Laisse moi encore une fois parler de toi au présent, encore une fois, avant demain. Avant que je te dise au revoir, mon patient si spécial...

vendredi 1 septembre 2017

La Réa, pas la Réa !!



- Mais qu'est ce qui vous a fait quitter l'hôpital ?
- La réa !!

C'est sorti aussi net de ma bouche. Pour dire vrai, je pensais répondre quelque chose de plus construit à la journaliste (ce que j'ai fait par la suite) mais le premier mot qui est sorti de ma bouche tenait en 3 pauvres lettres : R.É.A.

Je n'aime pas les cousins (oui les cousins, je sais), les cons, le foie de veau mais si il y a bien une chose que je déteste encore plus, c'est de travailler en réanimation. Et la nuit qui a suivi l'interview, j'ai bossé le temps d'un cauchemar, dans ce service là :

- Pour compenser de ne travailler qu'une semaine sur deux, vous allez travailler en plus en Réa Chirurgie.
- Mais je fais déjà des semaines de 60 heures en libéral c'est quasi un temps plein !

On m'a mis une blouse blanche sur le dos et puis moi, mes crocs et mon angoisse avons commencé à arpenter les longs couloirs de la réa. Des pousses seringues, les lignes à purger, des patients intubés qui ne parlent pas et des collègues qui parlent trop... Des produits à injecter, des calculs de dose à effectuer et moi qui me dit "Je vais finir par tuer quelqu'un si je me trompe !".

La peur d'avouer que je suis dyscalculique parce j'ai peur qu'on me retire mon diplôme d'infirmière pour dangerosité. C'est possible, dis, qu'on me retire mon diplôme parce que mon cerveau bug devant un chiffre ? C'est possible dis, d'être un danger pour les maths et une bonne infirmière quand même ? J'ai longtemps cru que j'étais juste bête, ne me dite pas maintenant que je suis dangereuse...

J'ai jamais voulu travailler en Réa moi, virez-moi cette blouse blanche et laissez moi retourner auprès de mes gens dans mon petit village. Loin des blouses, des bips, loin du stress des grands couloirs, des maths et de ces services dans lesquels je me suis sentie si bête...

J'ai fini par me réveiller, trempée. La peur aux tripes, l'angoisse au cœur... Je ne suis peut être pas douée en maths mais je suis sûr que la réa n'est pas pour moi, aussi sûrement que 1et 1 font 3.

mardi 29 août 2017

Couper du travail et essuyer sa bouche.




- Et sinon, vous arrivez à couper avec votre travail pendant votre repos ?

C'était une question au milieu d'autres que la journaliste m'avait posé pour étayer son interview. J'ai posé ma tasse de thé, un peu embêtée par la question à laquelle je n'avais pas vraiment de réponse. Enfin si, j'en avais bien une mais je crois qu'elle ne me plaisait pas vraiment : "Je ne suis pas sûr de réussir à couper en fait...".

- ... Mais bon, continuais-je, c'est quoi en fait la définition de "couper avec le travail" ? 

D'un coup, je me suis demandée si "couper avec le travail" c'était de ne plus penser du tout à mon métier d'infirmière libérale. Ne plus y penser alors que j'avais profité de mon jour de repos pour aller déposer mes chèques à la banque en emmenant mes filles chez le coiffeur. Ne plus se prendre la tête en pensant aux papiers à traiter pour le cabinet alors que mon agenda qui pèse trois kilo et demi, gît, là sur ma table basse depuis le début de mes vacances et que j'intime mentalement d'aller se faire voir à chaque fois qu'il attire mon attention. Couper et ne pas se dire "Tiens, elle est belle la Marjolaine de Marie-Jo' cette année !" ou "Le Fushsia de Monique est superbe !" à chaque fois que je me promène dans mon jardin et que je croise les plantes accompagnées d'un écriteau aux noms de mes patients-donnateurs. Et je ne parle pas du cageot de prunes transformées en confitures offert par celui à qui j'ai injecté le dernier anticoagulant, des potirons, des tomates, des salades ou des chocolats offerts par ceux que je soigne lorsqu'ils me raccompagnent à la porte de chez eux et qui égayent les goûters et les autres repas de toute ma famille...

Couper avec le travail... Ne plus penser à ceux que je soigne et essuyer la bouche de ma fille... "Lapin ! Lapin Maman !". De son petit doigt potelé elle me montre le lapin brodé sur son bavoir rose pâle. Elle l'adore et moi tellement plus encore... 

Couper avec le travail... Et ne plus penser qu'au goûter de ma fille et puis d'un coup repenser à elle avec ce sentiment qui tape pile dans les pensées émues et joyeuses, tu sais ce ressenti bizarre qui te fait cette petite pointe au cœur lorsque tu repenses à quelqu'un que tu as aimé et perdu. Elle, celle qui est devenue une patiente-bonus, une patiente-chouchou, une patiente-Amie venue tacler sans crier gare cette relation soignant-soigné qu'on veut préserver avec une distance qu'on pense nécessaire. Avec elle, j'ai vécu le bonheur et l'enfer ponctué d'annonces joyeuses et terribles, de grossesse et de cancer, de naissance et de mort, de nausées et de thé avec toi à discuter de rien, de "Bonjour !" et de " A demain !" jusqu'à ce jour où j'ai dû te dire au revoir sans plus jamais repasser la porte de chez toi...

J'ai finit d'essuyer la bouche de ma fille et j'ai repensé à mon retour après mon congé maternité. Des semaines que je ne t'avais pas vu. Tu étais tellement mal et en même temps tellement heureuse de me revoir. Nos tasses de thé étaient posées sur la table basse et je sentais flotter dans ton salon cette odeur de pain grillé et de cire pour meuble caractéristique de cette ambiance cosy que j'aimais tant chez toi. J'étais assise à tes côtés sur le canapé, tes mains entouraient les deux miennes dans lesquelles tu avais déposé un petit cadeau emballé : un joli bavoir rose pâle sur lequel était brodé un lapin.

Couper avec le travail, je ne sais pas faire parce que j'ai l'impression qu'il me fait en partie voire toute entière parfois. Parce que je travaille auprès de personnes qui ont ce magnifique pouvoir de me rendre un peu plus différente chaque jour, et en mieux. Tout me rappelle à ce métier, comment l'oublier... Alors non, je ne sais peut-être pas couper, mais pour être honnête, je ne sais même pas ce que cela veut dire. Je suis heureuse d'être infirmière et je ne le suis pas moins d'être en repos quand bien même je pense à ceux que je n'ai plus, à ceux que je suis en train de perdre et à ceux que je ne connais pas encore mais qui changeront d'une manière ou d'une autre celle que je suis aujourd'hui.

vendredi 18 août 2017

J'ai la trouille.




Cette poignée je la regarde et je n’ose même pas y toucher. C’est con quand on sait combien de poignées de porte mon métier d’infirmière libérale me fait toucher. Il y a les portes qui grincent, celles qu’il faut forcer un peu, celles qui nécessitent un petit coup d’épaule, celles qui s’ouvrent sans trop d’effort, et il y a la tienne. 
Le service est calme et j’entends à peine les soignantes discuter au fond du couloir. J’ai pris une grande inspiration et je me suis avancée le bras tendu pour toucher la poignée, et d’un coup la porte s’est ouverte. Celle qui sortait de ta chambre a ouvert de grands yeux quand elle m’a vu, un peu surprise peut-être de me voir ici, ta mère.


- Oh ! Vous êtes venus le voir ! 

En fait je ne venais pas vraiment te voir, je venais te dire au revoir. Ta mère est tellement belle et triste si tu savais. Elle a toujours cet air de star de cinéma, mais avec aujourd'hui ce côté Deneuve en deuil. Appuyée contre le mur tout près de moi elle me chuchote des mots terribles à entendre de la bouche d’une mère, même quand le fils aurait l'âge d'être grand-père. Mort, enfant, peine, tristesse, et puis Amour aussi et tendresse beaucoup.
Avec ta mère, je reste à discuter de longues minutes de la mort, de la tienne en fait. Elle s’inquiète et se demande comment ça va se passer. Moi je lui explique ce que j’ai vu lorsque je travaillais en soins palliatifs. Je lui explique qu’une fois le corps en souffrance apaisé, il y a comme une prise de conscience de l’inconscient, que l’âme semble dénouer les derniers nœuds d’une existence et que l’esprit semble prendre du recul, un recul sur sa vie :


- La mort, je la vois un peu comme l’ultime lâché prise d’une vie. On peut lâcher prise et sauter à l’élastique, partir à l’autre bout du monde ou tout plaquer et recommencer en mieux, mais je crois que le lâcher prise le plus difficile dans une vie reste celui de devoir quitter la sienne.

- ... Je crois que je lâcherais plus facilement prise sur ma propre vie que sur celle de mon fils…

jeudi 17 août 2017

Dessine-moi un coeur pailleté.



Il y a quelques semaines, je terminais le pansement de main de cette petite gamine par mon rituel "Bon alors, qu'est ce que je te dessine sur ton pansement aujourd'hui ?". C'était tout con, mais ce petit dessin de rien l'aidait à accepter son pansement qu'elle ne supportait plus vraiment.
 
La veille, elle m'avait demandé un bonhomme qui sourit et quelques jours plus tôt c'était un hamster que j'avais dû dessiner dans le creux de sa main. Paye ton défi chaque matin ! Et puis un jour elle m'a regardé et elle m'a dit : "Je veux un coeur avec des paillettes, parce que c'est chouette quand il y a des paillettes 💖 !". J'ai fait au mieux, c'était vraiment moyen mais ma petite patiente était contente, c'était le principal.
 
Et puis l'autre jour en vidant un tiroir de chez moi je suis retombée sur mon scotch rose-pailleté. J'ai repensé à cette petite gamine, à sa main bandée et dans un délire inexpliqué j'ai accroché le rouleau à mon sac à main avec l'idée d'en disperser un peu partout. Depuis, chaque jour je découpe, je colle et je disperse des coeurs pendant ma tournée de soins à chaque fois que le mien prend dur ou quand il s'illumine pendant un soin. Ainsi, je me dis que le lendemain si j'ai un coup de mou je tomberai dessus et je serai pailletée de nouveau.

Et puis qui sait, un passant tombera peut être dessus à son tour et pensera comme ma toute petite patiente que les cœurs c'est décidément plus chouette quand il y a des paillettes ! 😁💖

mardi 15 août 2017

La petite mort.


Rentrer de l'hôpital et la trouver là, au sol dans mon salon, ses plumes dispersées autour d'elle... Maudire mon chat et son instinct aussi.

Ouvrir la porte de ta chambre et te trouver d'un coup si petit et fragile dans ce grand lit d'hôpital. Perdu dans ces draps qui ne sentent pas cet adoucissant qu'adore ta femme, tu sais le "fraîcheur des montagnes" dont tu t'amusais à me dire qu'il te rappelait vos vacances au ski. Et puis maudire la mort, et la vie aussi.

Tenir la fragile mésange encore tiède et souple au creux de ma main, les plumes de ses ailes prêtes à s'ouvrir, mais les yeux clos et les serres fermées.

Reposer ta main sur la couverture, me dire que c'est la dernière fois que je la sentirais aussi chaude sous ma paume et enlever de mon esprit l'image glauque de ta mort qui n'a jamais été aussi proche pourtant.

Être triste de ces Adieu et laisser exprimer mon bonheur ressenti d'avoir eu a te soigner. Ma fierté d'être ton infirmière, sans oser en parler au passé. Tes larmes que je te demande de ne pas verser en te rappelant le sourire que tu as eu en me voyant te tenir la main à ton réveil.

Tenir la presque mort sous ma paume et la bien réelle au creux de mes deux mains jointes. Deux morts fragiles qui a l'échelle de la Vie importe tellement ou tellement peu finalement...

Mon métier je l'aime et je le déteste tellement dans ces moments là, quand il me donne au fond de la gorge des goût de petites morts, des goûts de plus jamais, d'au revoir qu'on ne sait jamais conclure autrement qu'en reposant sa main sur la couverture.

lundi 14 août 2017

C'est l'infirmière, le livre !





Gros YOUPI et danse de la joie ! 💖

C'est avec une immense joie, qu'est ce que je dis : "une euphorie incontrôlable avec le coeur qui bat fort toussa toussa" que je vous annonce la sortie de mon livre "Bonjour, c'est l'infirmière !" ! 😁

Ralala, comment ça a été dur de ne rien vous dire alors que je planche dessus depuis la fin de l'année dernière ! Depuis qu'une éditrice de Flammarion m'a contacté pour me proposer de sortir un livre chez eux. Flammarion quoi !! 😁 (Gniiiii-débile dans la voix !)

Depuis hier, mon livre est en impression et il sera disponible dans vos librairies fin septembre ! (Re-Gniiiiii-fierté-flippée cette fois). Il me tarde de le sentir, tu sais l'odeur fabuleuse du livre neuf ! C'est con mais je crois que c'est uniquement à ce moment que je capterai que j'ai vraiment écrit un bouquin !

Et puis, je me dis que vous aussi vous allez le sentir, trouver qu'il sent bon peut-être. Que vous allez le lire sûrement aussi... Et j'ai peur. Parce que je sais peut être écrire des brèves, mais un livre, c'est autre chose...

Mais j'ai tellement hâte de le savoir entre vos mains ! 😁💜
.
Il y aura une dédicace-rencontre de prévue à Angers, ma ville (Anjou-Powa ! 💖) et peut-être que d'autres suivront, ça dépendra de vous et de vos demandes auprès de vos libraires !

Je vous embrasse et je vous remercie pour tout, parce que sans vous, ce livre n'existerait tout simplement pas ! ME R C I mes Chatons-Mignons !! 💜💚💙💛 (ça commence à faire beaucoup de cœurs...)

Je vous tiens au jus pour la suite (couverture, date de sortie, médiatisation, moi sur Paris face aux médias, toussa toussa !) Bisou 😙 et un dernier Gniiii-💙 pour la route !

mardi 1 août 2017

Quatre poires et des soucis.





- Tiens ! R’garde donc ce que j’ai bêché pour toi ce matin !


Une motte de soucis dans un sac à légume préparée pour la toute dernière fois que je venais la voir. J’étais ravie parce que je lorgnais sur le parterre de fleurs jaunes de ma vieille patiente depuis des semaines, depuis qu’elle m’avait appelé un dimanche pour me dire :


- Charline, tu pourrais passer me voir s’il te plait ? J’essaie de soigner ma jambe toute seule depuis des jours, mais je sens bien que ça ne va pas !


Une large plaie découpait son tibia tout maigre mais la vieille dame tenace n’avait pas voulu déranger le médecin pour si peu. Et puis le « si peu » s’était transformé en quelque chose de douloureux, rouge et infecté et nécessitait maintenant un passage chez le médecin et ma visite régulière à son domicile pour refaire ses pansements. Mes gants, mes pinces et mes mains pour m’occuper de cette toute petite vieille dame de 93 ans qui vivait seule au milieu de ses fleurs et qui s’en voulait presque de me déranger pour un accident qu’elle trouvait bien bête. 
La bêche c’était pourtant son truc à elle. Tous les matins après avoir bu son café, elle partait dans son jardin pour gratter ses parterres, biner son potager et puis l’autre jour, c’était sur son tibia qu’elle avait ripé : 


- Tu parles d’une histoire toi, se bêcher la jambe au lieu de bêcher la terre, qu’elle idée !

dimanche 30 juillet 2017

Les laisser, un peu.




- R'garde Maman, c'est trop drôle !!

Les DVD Pixar et les gosses ça marchent toujours, surtout en fin de journée quand tu veux être tranquille... 😊

J'ai loupé la vanne soit disant drôle du film que regardaient mes poussins parce que mes yeux étaient rivés sur mes boots que j'étais en train de lasser. Je devais retourner bosser, repartir soigner mes gens.
Certains aiment travailler le dimanche pour sa tranquillité, moi je préfère rester chez moi, tranquillement auprès des miens, auprès de mes poussins... Ce soir j'ai la flemme, j'ai pas envie de les quitter.


- La tournée est légère, je ne rentre pas tard mes biches. Je vous laisse, un peu. Pas longtemps...

dimanche 23 juillet 2017

L’infirmière qui valait 5 points.




- Ah, mais vous êtes partout ! Je vais en gagner des points cette semaine !

Elle avait bonne mine. La dame tout juste septuagénaire portait de jolis vêtements qui lui allaient bien, elle avait le teint plus clair et ce sourire discret bien plus présent que la toute première fois que je l’ai vu, il y a plusieurs mois. C’était semble-t-il l’amie d’une de mes patientes dont les pansements d’ulcères coulaient au point de nécessiter une réfection quotidienne. 

Celle qui avait bonne mine et qui comptait les points était une dame que je voyais tous les trimestres pour des prises de sang. Toujours chez elle, jamais à mon cabinet. Parce que chez elle ça sentait le café et le cocon rassurant d’une maison vide qui avait abrité la vie de toute une famille. Parce que venir au cabinet voulait dire affronter le dehors, le regard de ceux qui ne vous calculent pas et les sourires des voisins qu’elle ne connait plus.
Elle avait accompagné pendant de nombreuses années son mari dont la maladie chronique et dégénérative ressemblait à un carcan, une grosse carapace qui avait enfermé en dedans lui l’homme qu’elle ne reconnaissait plus vraiment. Un Alzheimer bien cogné qui avait creusé d’énormes trous dans le passé en laissant ma patiente vivre le présent aux côtés d’un homme qui n’avait plus d’identité.  Le couple avait fini par se couper du monde en ne partageant plus rien de la vie du dehors. Par peur des regards, par fatigue de devoir toujours tout réexpliquer à ceux qui ne comprendront jamais et par pudeur de ne pas étaler aux yeux de tous l’état de santé d’un homme qui ne la reconnaissait plus et qui se demandait qui était cette femme qui disait être la sienne.


- Ça fait dix ans, et pourtant c’est comme si c’était hier. J’ai l’impression que je vais crever dans cette maison. Elle m’étouffe mais j’ai peur d’en sortir. Je ne sais plus comment faire avec les autres… 

La dépression c’est terrible. C’est comme être au fond d'un puits aux parois toutes lisses. On se dit qu’on va finir par retrouver la surface mais il n’y a rien pour s’agripper et aider à remonter. Son puits à elle était très profond, mais genre vraiment profond, au point qu’une fois elle avait décidé de ne plus relever la tête en cherchant la lumière et avait préféré crever au fond de son trou, avec des cachetons dans une main et de l’alcool dans l’autre. Elle avait appelé son médecin et je m’étais retrouvé chez elle le lendemain avec ma mallette de soins, ma boite à prise de sang et mon échelle de corde sous le bras.

Tout en préparant mon matériel nous avons parlé de son mari, de ces dix années qui avaient suivi sa mort et qui l’avaient fait descendre aussi bas. Et puis j’ai serré le garrot et nous avons parlé de sa déco et de ce tableau magnifique et coloré au-dessus du canapé. J’ai alcoolisé le pli de son coude avec un coton et nous avons parlé de l’odeur de café et je lui ai demandé ce qu’elle allait manger pour l’accompagner. J’ai piqué et j’ai parlé du chat qui dormait sur la chaise tout près d’elle et qui préférait habituellement le jardin à l’obscurité de sa maison. Sentant qu’elle se renfermait j’ai commencé à enfiler les tubes dans le corps de pompe et je lui ai parlé de son jardin. De sa sauge en fleur, magnifique et rose dans l’entrée et du Lila des Indes devant sa porte et qui aurait besoin d’être taillé si elle voulait qu’il refleurisse :


- Cet arbre-là ? Je ne savais pas comment ça s’appelait ! Mon mari l’a planté quand nous avons acheté la maison…

La nostalgie l’a reprise. Pour tailler l’arbre, il fallait sortir… Pour sortir, il fallait qu’elle en ai l’envie… L’envie de sortir du fond de son puits aux parois toutes lisses.
Alors que j’étais en train de prélever mon dernier tube, j’ai décidé de sortir mon échelle de corde. Une échelle aussi longue que la distance qui la séparait de la surface et je lui ai dit « Je vaux 5 points ». Elle a relevé son visage vers moi en relevant les sourcils sans vraiment comprendre ce que je venais de dire :


- Disons que vous allez passer un contrat avec vous-même. Il n’y a rien à gagner à part l’immense satisfaction d’avoir réussi toute seule à remonter à la surface via l’échelle de corde que je viens tout juste de balancer jusqu’au fond de votre trou. 

samedi 22 juillet 2017

Quand je regarde ma fille jouer...



... Je me dis que c'est bien une fille d'infirmière ! 😊

En ce moment, j'ai un tout petit gamin que je vois plusieurs fois dans la semaine pour des pansements. A chaque fin de soin, je lui mets la pince kocher et la pince à disséquer en plastique du set de pansement dans un petite compresse. C'est son "Cadeau du courageux " pour le remercier pour sa patience pendant son pansement douloureux. Je crois qu'il va finir par avoir une sacrée collection de pinces d'ici la fin de sa série de soins !

En attendant, à la maison mes puces ont des pinces kocher et des seringues pour soigner ou torturer _ des fois on en est pas loin_  leurs jouets !

vendredi 21 juillet 2017

Oh punaise!



- Ah ! Je me demandais si c'était bien vous qui veniez de vous garer devant chez moi !

Mon patient-plus-trop-patient s'est approché doucement de moi, curieux de comprendre pourquoi je me tenais accroupi devant ses fleurs avec mon portable à la main.

Une punaise des céréales (de la famille des Pentatomes), voilà pourquoi j'avais mis du temps à sonner à sa porte ! Mais j'avoue, ce n'était pas complètement vrai : j'étais accroupie avec une enveloppe bleue de la CPAM pris à la va vite dans mon agenda et le ciseau de mon sac à main pour piquer à mon patients des graines de Scabieuse (La couleur pourpre que je n'ai pas dans mon jardin) qui avait grainées sur le bitume devant chez lui... Et puis je l'ai vu : ma jolie punaise des céréales !

J'étais tombée sur la même il y a quelques jours accrochée à l'écorce de mon châtaignier. Mais elle tournait tout autour, pas décidée à se laisser photographier (sûrement une juvénile, les plus vieilles sont un peu plus dociles). Je ne pouvais pas louper cette nouvelle occasion à deux pas de la porte de celui qui attendait son injection.

Pour l'histoire, mon patient m'a avoué détester ces insectes mais quand je lui ai montré la photo il a avoué qu'elle était vraiment toute belle cette punaise et qu'il avait bien fait de ne pas désherber son parterre... Et moi, j'ai le sentiment d'avoir doublement gagné ma journée !

➡ Du-Bonheur-Pour-Ton-Coeur : si tu aimes les photos de punaise, de fleurs, de couchers de soleil et de nature toussa toussa je t'invite à me rejoindre sur mon compte Instagram en cliquant : ici !

mardi 18 juillet 2017

Sur ma joue.



35 degrés dehors, étouffant à l'intérieur. Je roulais la fenêtre ouverte en me rendant chez cette patiente qui m'avait donné du fil à retordre la veille avec sa perf' et j'avoue que je m'y rendais sans trop d'envie.

Je longeais un champ de blé pas encore moissonné et l'air par la fenêtre venait frapper sur ma joue des mèches de cheveux détachés de ma queue de cheval. Et puis, une mèche semble-t-il un peu plus forte est venue toucher ma pommette. Par réflexe j'ai porté mes doigts à mon visage et j'ai senti quelque chose de fragile coincé dans mes cheveux. Sur mon index, il y avait des pigments colorés et nacrés comme du fard à paupière.

Un papillon avait terminé sa course sur ma joue avant de trouver refuge dans une mèche de mes cheveux.

Je l'ai surveillé du coin de l'œil dans le rétroviseur jusqu'à mon arrivée chez ma patiente avant de le décrocher délicatement et de le déposer au creux de ma main. Il n'a pas survécu et il est mort là, comme ça au contact de ma peau... .
Je l'ai déposé dans le parterre de fleur à l'entrée de la maison de ma patiente. Ce parterre devant lequel son mari s'agenouille pendant des heures parce que la maladie de sa femme rend l'intérieur de sa maison un peu plus pesant chaque jour.

Je me dis que si il tombe dessus ce soir en grattant ses fleurs il se dira que la Vie est belle et fragile... Ou peut être qu'il ne verra rien et qu'il le jettera un peu plus loin parce que rien n'importe plus que ce qui se joue entre les murs de sa propre maison...